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Conseils Nutrition.tv : la nutrition en vidéo avec Dr. Isabelle Huot

Isabelle Huot, docteure en nutrition La nutrition Conseils Nutrition.tv Isabelle Huot
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Réflexion sur la malbouffe

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On le sait, la malbouffe est mauvaise pour la santé. Pourtant, son côté pratique, rapide et attrayant semble influencer bon nombre d’entre nous à franchir les portes des établissements de restauration rapide plus souvent qu’on le devrait.

Un sondage effectué en 2007 auprès d’un millier de Québécois révèle que 45% des gens consomment ce type d’aliments de une à trois fois par semaine. Une enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes effectuée sur un échantillon de plus de 35 000 personnes révèlent que un Canadien sur quatre avait consommé la veille du rappel au moins un aliment préparé dans un établissement de restauration rapide. Chez les 14 à 18 ans, cette proportion s’élève à un Canadien sur trois. Le record appartient aux hommes de 19 à 30 ans chez qui 39% des individus avait consommé au moins un aliment provenant de la restauration rapide la veille du relevé alimentaire. Des chiffres alarmants, surtout sachant que la tendance semble encore à la hausse. Une étude américaine a observé qu’avec le temps, le nombre de petits consommateurs de restauration rapide diminuent alors que les gros consommateurs augmentent.

Un récent rapport de la Food and Drug Administration aux États-unis révèle que les aliments préparés à l’extérieur de la maison représenteraient 46% du budget alimentaire et 32% de l’apport calorique de l’Américain moyen. Au Québec, 28 % du budget alimentaire serait investi dans la restauration.

Dans une société où tout va vite et où le manque de temps est un obstacle de taille à la cuisine maison à partir d’ingrédients de base, la restauration rapide semble en effet une solution repas raccourcie. Mais cette tendance n’est pas sans conséquences réelles et importantes sur le poids et la santé des collectivités.

Fast Food Nation

En 2001, le journaliste américain Eric Schlosser écrivait le livre Fast Food Nation dans le but d’éclairer les consommateurs sur la façon typiquement américaine de s’alimenter. De notre côté de la frontière, la situation n’est pas au même point que chez nos voisins du sud, mais va tout de même dans la même direction. Voici quelques propos issus de Fast Food Nation qui font réfléchir sur le phénomène malbouffe.

  • Notre façon de s’alimenter a davantage changé dans les 40 dernières années qu’au cours des 40 000 ans précédents.
  • En 1970, les Américains ont dépensé environ six milliards de dollars en restauration rapide. En 2000, cela a grimpé à plus de 110 milliards.
  • Chaque mois, environ 90% des enfants américains entre trois et neuf ans visitent un McDonald’s.
  • Plus de 70% des visites aux établissements de restauration rapide sont impulsives.
  • En 1960, l’Américain moyen consommait 81 livres de pommes de terre fraîche et environ 4 livres de frites surgelées. Aujourd’hui, l’Américain moyen consomme plus ou moins 49 livres de pommes de terre fraîches et plus de 30 livres de frites surgelées.
  • Environ 90% de l’argent dépensé par les Américains pour leur alimentation est consacré à l’achat d’aliments industrialisés.
  • Sur chaque 1,50$ dépensé pour l’achat de frites à un établissement de restauration rapide, seulement deux sous iront au fermier qui a cultivé les pommes de terre.
  • Au cours des 40 dernières années aux États-Unis, la consommation de boissons gazeuses par personne a plus que quadruplé.
  • Aux États-unis le coût annuel de l’obésité est deux fois plus élevé que le total des revenus annuels de l’industrie de la restauration rapide.

Moins de malbouffe, une avenue possible

En conclusion de son livre, Schlosser dit que personne n’est obligé d’acheter du fast food. Le premier pas en vue de véritables changements est aussi le plus simple, soit arrêter d’en acheter. Les établissements de restauration rapide suivent l’offre et la demande, et vendent ce qui génère un profit. Or si la demande changeait, et que nous, consommateurs, boudions le junk food et utilisions notre pouvoir d’achat pour faire des choix plus judicieux? Selon Schlosser, il n’est pas trop tard pour renverser la vapeur...

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