On le sait, la malbouffe est mauvaise pour la santé. Pourtant, son côté pratique, rapide et attrayant semble influencer bon nombre d’entre nous à franchir les portes des établissements de restauration rapide plus souvent qu’on le devrait.
Un sondage effectué en 2007 auprès d’un millier de Québécois révèle que 45% des gens consomment ce type d’aliments de une à trois fois par semaine. Une enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes effectuée sur un échantillon de plus de 35 000 personnes révèlent que un Canadien sur quatre avait consommé la veille du rappel au moins un aliment préparé dans un établissement de restauration rapide. Chez les 14 à 18 ans, cette proportion s’élève à un Canadien sur trois. Le record appartient aux hommes de 19 à 30 ans chez qui 39% des individus avait consommé au moins un aliment provenant de la restauration rapide la veille du relevé alimentaire. Des chiffres alarmants, surtout sachant que la tendance semble encore à la hausse. Une étude américaine a observé qu’avec le temps, le nombre de petits consommateurs de restauration rapide diminuent alors que les gros consommateurs augmentent.
Un récent rapport de la Food and Drug Administration aux États-unis révèle que les aliments préparés à l’extérieur de la maison représenteraient 46% du budget alimentaire et 32% de l’apport calorique de l’Américain moyen. Au Québec, 28 % du budget alimentaire serait investi dans la restauration.
Dans une société où tout va vite et où le manque de temps est un obstacle de taille à la cuisine maison à partir d’ingrédients de base, la restauration rapide semble en effet une solution repas raccourcie. Mais cette tendance n’est pas sans conséquences réelles et importantes sur le poids et la santé des collectivités.
En 2001, le journaliste américain Eric Schlosser écrivait le livre Fast Food Nation dans le but d’éclairer les consommateurs sur la façon typiquement américaine de s’alimenter. De notre côté de la frontière, la situation n’est pas au même point que chez nos voisins du sud, mais va tout de même dans la même direction. Voici quelques propos issus de Fast Food Nation qui font réfléchir sur le phénomène malbouffe.
En conclusion de son livre, Schlosser dit que personne n’est obligé d’acheter du fast food. Le premier pas en vue de véritables changements est aussi le plus simple, soit arrêter d’en acheter. Les établissements de restauration rapide suivent l’offre et la demande, et vendent ce qui génère un profit. Or si la demande changeait, et que nous, consommateurs, boudions le junk food et utilisions notre pouvoir d’achat pour faire des choix plus judicieux? Selon Schlosser, il n’est pas trop tard pour renverser la vapeur...