S’il y a un aliment qui est associé à l’amour, c’est bien le chocolat. Mi-sucré mi-amer, suave et fondant à la température du corps, il figure parmi les cadeaux les plus populaires à l’occasion de la fête des amoureux. Sa réputation d’aliment aphrodisiaque remonte à quelques centaines d’années, alors que l’empereur aztèque Moctezuma en consommait chaque jour jusqu’à cinquante tasses, ce qui dit-on lui donnait la vigueur d’honorer son harem. Dans son Traité des aliments, au début du 18e siècle, Louis Lemery parle du chocolat en ces termes : «ses propriétés stimulantes sont propres à exciter les ardeurs de Vénus».
S’il est vrai que le chocolat est fortement ancré dans l’imaginaire collectif comme aliment romantique et sensuel, contient-il réellement quelque substance pouvant vraiment enflammer les ardeurs? À cette question, certains pointeraient la théobromine, un alcaloïde stimulateur du système nerveux central et stimulateur cardiaque. Ou encore la phényléthylamine, un acide aminé qui a un rôle de neurotransmetteur et d’anti-dépresseur. À la fois stimulant par sa caféine et relaxant par son effet d’augmentation de la sérotonine (un neurotransmetteur aux vertus apaisantes), le chocolat semble renfermer certains principes pouvant mettre dans de bonnes dispositions pour des moments amoureux... mais peu d’études scientifiques sérieuses viennent appuyer ces suppositions à doses alimentaires. D’autant plus qu’il faudrait probablement consommer une grande quantité de chocolat pour voir apparaître des effets mesurables... au risque de voir poindre les poignées d’amour bien avant une foudroyante augmentation du désir amoureux!
Plusieurs fruits et légumes aux formes et aux noms évocateurs se sont vus accorder au cours de l’histoire toutes sortes de symboliques aphrodisiaques. Bien que peu de ces vertus s’avèrent vérifiables scientifiquement, il reste qu’absolument toutes les raisons sont bonnes pour mettre plus de fruits et de légumes au menu ! Faites-en les vedettes de vos repas en douce compagnie !
Et comme plusieurs aphrodisiaques valent certainement mieux qu’un, on sert une assiette remplie de tous ces fruits... accompagnée d’une onctueuse fondue au chocolat !
Les huîtres sont depuis longtemps considérées comme aphrodisiaques. La déesse grecque de l’amour Aphrodite elle-même serait née en sortant de l’océan debout sur une huître. La légende veut que le célèbre séducteur Casanova se régalait de douzaines d’huîtres par jour. Baptisées «oreilles de Vénus» par Alexandre Dumas, c’est leur apparence qui a d’abord été associée aux parties intimes féminines. «En amour, vous le savez, les crustacés sont vos alliés», d’ajouter le gastronome Brillat-Savarin. Qu’elles soient aphrodisiaques ou pas (à vous de tester!), il reste que les huîtres sont de bonnes sources de protéines, qu’elles sont faibles en calories et qu’elles sont riches en iode et surtout en zinc. Outre les huîtres, le caviar est aussi un fort symbole de fertilité, qui serait même recommandé par le Kama-Sutra.
Loin de rester derrière en matière de réputation aphrodisiaque, les épices et aromates auraient plus d’un tour dans leur sac. Si la plupart des épices dites «chaudes» (cannelle, cardamome, piment...) ont un moment ou l’autre été considérées comme stimulateur du désir, l’ail est sans doute un des plus vieux aromates aphrodisiaques de l’histoire. Gare toutefois à l’haleine d’ail qui pourrait repousser quelques baisers ! Au Moyen-âge, on attribuait au safran des pouvoirs magiques d’excitation de l’amour. Il est aussi utilisé depuis des millénaires dans la médecine indienne ayurvédique pour stimuler la sexualité masculine. Le gingembre est un autre aromate dont la réputation aphrodisiaque s’étend aux cinq continents.
Au niveau des aromates comme ailleurs, peu de données probantes viennent appuyer scientifiquement l’hypothèse des épices stimulatrices du désir ou de la performance sexuelle. Chose certaine, leur utilisation en cuisine permet de limiter l’ajout de sel et ajoute une bonne dose de parfums charmants et envoûtants... qui sait si là ne résiderait pas en partie leur réputation d’aphrodisiaque ?
Depuis la nuit des temps, l’alcool est associé aux ébats amoureux. Si de petites doses d’alcool peuvent faire tomber certaines inhibitions et favoriser les rapprochements, de trop fortes quantités peuvent nuire à la performance. «L’alcool provoque le désir mais éloigne la performance», ce n’est pas nouveau, Shakespeare l’écrivait déjà dans Macbeth. La modération a donc, ici encore, bien meilleur goût !
«L’érotisme est à l’amour ce que la gastronomie est à la nourriture : un supplément d’âme, un dépassement». - Michel Onfray